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Plant de tomates

Une IA cultive un plant de tomate pendant 43 jours sans aide humaine

Actualité

Confier la survie d'une plante à une intelligence artificielle pendant plus d'un mois, voilà une idée qui aurait semblé relever de la science-fiction il y a quelques années. Pourtant, c'est exactement ce qu'a réalisé Martin DeVido, développeur web, en connectant un plant de tomate baptisé Sol à Claude, l'IA développée par Anthropic. Cette expérience, documentée publiquement depuis le 31 décembre 2025, soulève des questions fascinantes sur l'avenir de l'automatisation au jardin.

Un système de serre entièrement piloté par intelligence artificielle

Le dispositif mis en place par le développeur repose sur un biodôme équipé de multiples capteurs mesurant en permanence la température, l'humidité de l'air, le taux de CO₂, l'humidité du sol et même la température des feuilles. Ces données sont transmises à Claude toutes les 15 à 30 minutes, permettant à l'IA d'analyser l'état de la plante et de prendre des décisions.

Côté actionneurs, le système comprend un éclairage horticole, un tapis chauffant, un extracteur d'air pour la ventilation et un dispositif d'arrosage automatique. L'ensemble est contrôlé par une carte Arduino, ce petit circuit électronique programmable bien connu des bricoleurs et makers. « Il est seul. Il n'y a pas de relève. S'il rate quelque chose, la plante meurt », précise Martin DeVido dans sa documentation.

Une panne critique au 34ᵉ jour met Sol en danger

L'expérience n'a pas été un long fleuve tranquille. Au jour 34, un incident majeur a failli compromettre la survie du plant de tomate. « Claude se réveille d'une sieste programmée et tout est éteint. Lumière coupée. Tapis chauffant à l'arrêt. Circulation interrompue. Sol dépérit dans le noir, en plein jour. Quelque chose s'est écrasé. Il ne sait pas quoi », raconte le développeur.

L'origine du problème : une erreur de récursion dans le code Arduino. Une fonction s'appelait elle-même de manière répétée jusqu'à saturer la mémoire de la carte, provoquant son plantage complet. Sans intervention, tous les automatismes vitaux pour la plante cessaient de fonctionner.

La réaction méthodique de Claude face à l'urgence

Face à cette situation critique, l'IA a procédé de manière ordonnée. « Claude ne panique pas. Il procède par ordre de priorité », observe le développeur. Voici les actions entreprises par l'intelligence artificielle :

  • Rallumage de l'éclairage pour relancer la photosynthèse
  • Activation du tapis chauffant pour réchauffer le système racinaire
  • Déclenchement de l'extracteur d'air, l'humidité ayant atteint 67 %
  • Arrosage avec 600 ml d'eau, l'humidité du sol étant descendue à 33 %

Claude a également dû gérer un problème d'« humidité excessive dans la tente », responsable du « jaunissement de certaines pointes de feuilles ». Des signes de stress légers, mais que l'IA a su identifier et corriger.

Un système de mémoire ingénieux pour compenser les limites de l'IA

Cultiver une tomate jusqu'à la récolte nécessite plusieurs mois de suivi. Or, les modèles de langage comme Claude ne peuvent pas conserver indéfiniment l'historique de leurs échanges. Pour contourner cette limitation technique, Martin DeVido a conçu un système de gestion du contexte à deux couches.

La première couche utilise une boucle de type ReAct pour le raisonnement immédiat et l'utilisation des outils. La seconde couche compresse régulièrement ces informations en résumés synthétiques. L'IA dispose ainsi d'un outil de « sommeil de deux heures » durant lequel elle consolide ses actions récentes en un message unique, évitant toute surcharge de mémoire.

Quelles perspectives pour l'automatisation au potager ?

Au 43ᵉ jour de l'expérience, Sol comptait déjà entre 15 et 20 feuilles. « Elle était touffue. Turgescente. En pleine santé. Croissance rapide », se réjouit le développeur. Il reconnaît que « Claude a encaissé des coups durs, s'est effondré, s'est relevé et a surmonté des centaines de micro-décisions ».

Cette expérience, observable en direct sur un site dédié créé par Martin DeVido, illustre les possibilités mais aussi les fragilités de l'automatisation totale. Un simple bug matériel peut mettre en péril l'ensemble du système. Pour nous jardiniers, cela rappelle que la technologie peut assister nos cultures, mais qu'elle ne remplace pas encore totalement l'œil attentif et l'expérience acquise au fil des saisons. La question reste ouverte : Claude parviendra-t-il à faire mûrir une véritable tomate rouge ?

Nicolas

À propos de l'auteur

Rédacteur

« Passionné de jardinage, je cultive potager, verger, plantes exotiques et agrumes. Je partage mes astuces et conseils pour tous les jardiniers. »